Excès de vitesse : barème, amendes et points en 2026

De 68 € sans retrait de point à 3 mois d'emprisonnement et 6 points : tout dépend de la vitesse retenue après déduction de la marge du radar. Le barème à jour, les délais de paiement, les risques pour le permis et les voies de contestation, tranche par tranche.

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En bref

Un excès de vitesse est sanctionné selon l'écart entre la vitesse retenue, après déduction de la marge technique du radar, et la limite autorisée. Jusqu'à 49 km/h d'excès, c'est une contravention : amende forfaitaire de 68 € ou 135 €, retrait de 0 à 4 points, suspension du permis possible à partir de 30 km/h. À partir de 50 km/h, c'est un délit depuis le 29 décembre 2025 : 3 mois d'emprisonnement et 3 750 € d'amende encourus, 6 points, inscription au casier judiciaire.

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Quel est le barème des excès de vitesse en 2026 ?

Le barème est fixé par l'article R. 413-14 du Code de la route pour les contraventions et par l'article L. 413-1 pour le délit. Il repose sur un seul critère : le nombre de km/h au-dessus de la limite, calculé à partir de la vitesse retenue. Le lieu ne joue que pour les excès de moins de 20 km/h, plus sévèrement punis là où la limite est de 50 km/h ou moins.

Excès retenuQualificationAmendePointsPermis
Moins de 5 km/hContravention de 3e classe (limite supérieure à 50 km/h) ou de 4e classe (limite de 50 km/h ou moins)68 € ou 135 €0Aucune suspension
De 5 à 19 km/hContravention de 3e ou de 4e classe, selon la même distinction68 € ou 135 €1Aucune suspension
De 20 à 29 km/hContravention de 4e classe135 €2Pas de suspension prévue par le barème
De 30 à 39 km/hContravention de 4e classe135 €3Suspension judiciaire jusqu'à 3 ans
De 40 à 49 km/hContravention de 4e classe135 €4Rétention immédiate possible, suspension jusqu'à 3 ans
50 km/h et plusDélit3 750 € et 3 mois d'emprisonnement encourus6Suspension jusqu'à 3 ans sans aménagement, annulation possible

Les montants indiqués pour les contraventions sont ceux de l'amende forfaitaire. L'amende de 68 € est minorée à 45 € et majorée à 180 € ; celle de 135 € est minorée à 90 € et majorée à 375 €. Si l'affaire est jugée par le tribunal de police, le maximum est de 450 € pour la 3e classe et de 750 € pour la 4e classe.

Deux dates ont modifié ce barème. Depuis le 1er janvier 2024, un excès inférieur à 5 km/h ne retire plus de point ; l'amende reste due. Depuis le 29 décembre 2025, l'excès de 50 km/h et plus est un délit dès la première infraction, alors qu'il s'agissait auparavant d'une contravention de 5e classe. Tout barème qui ne mentionne pas ces deux changements est périmé. Chaque tranche fait l'objet d'une page détaillée, dont la liste figure en fin de page.

Vitesse mesurée ou vitesse retenue : laquelle compte ?

Seule la vitesse retenue compte. Une marge technique est déduite de la vitesse mesurée, et c'est le résultat qui détermine la tranche du barème.

AppareilVitesse mesurée inférieure à 100 km/hVitesse mesurée de 100 km/h ou plus
Radar fixe, radar mobile utilisé à poste fixe (jumelles, trépied, véhicule à l'arrêt)5 km/h déduits5 % déduits
Radar embarqué dans un véhicule en mouvement (voiture-radar)10 km/h déduits10 % déduits

Deux exemples sur autoroute limitée à 130 km/h. Mesuré à 137 km/h par un radar fixe, vous êtes retenu à 130 km/h : il n'y a pas d'infraction. Mesuré à 146 km/h par une voiture-radar, vous êtes retenu à 131 km/h : l'excès est de 1 km/h, soit 68 € d'amende et aucun point.

Vérifiez la soustraction sur l'avis : une marge mal appliquée peut vous faire changer de tranche. Le simulateur d'excès de vitesse fait le calcul à partir de la vitesse mesurée, et la page consacrée à la marge d'erreur des radars détaille chaque type d'appareil.

Amende et points : combien, quand et pour combien de temps ?

Les délais de paiement

L'amende minorée s'applique en cas de paiement dans les 15 jours (30 jours en paiement dématérialisé), l'amende forfaitaire jusqu'au 45e jour (60e jour en paiement dématérialisé). Au-delà, l'amende est majorée. Le délai court à compter de la constatation, si l'avis vous a été remis, ou de l'envoi de l'avis.

Le paiement déclenche le retrait de points

Payer, c'est reconnaître l'infraction : le paiement éteint l'action publique, interdit toute contestation ultérieure et entraîne le retrait de points. Les points sont retirés lorsque l'infraction est établie par le paiement, par le titre exécutoire de l'amende majorée ou par une condamnation définitive (article L. 223-1 du Code de la route). Tant qu'une contestation est en cours, aucun point n'est retiré.

La récupération des points

  • 6 mois : restitution du point lorsque l'infraction n'en a retiré qu'un seul.
  • 2 ans : retour à 12 points si le dossier ne comporte ni délit ni contravention de 4e ou de 5e classe.
  • 3 ans : retour à 12 points dans le cas contraire, ce qui vise tout excès de 20 km/h et plus.
  • Stage volontaire : jusqu'à 4 points, une fois par an au maximum, tant que le permis est valide.

Ces délais (article L. 223-6) supposent l'absence de nouvelle infraction avec retrait de points. Ils courent à compter du jour où la dernière infraction est devenue définitive, et non du jour des faits.

Flashé par un radar ou intercepté : qu'est-ce que cela change ?

Intercepté, vous êtes identifié sur place comme l'auteur de l'infraction, et un excès de 40 km/h et plus permet aux forces de l'ordre de retenir immédiatement votre permis.

Flashé sans interception, vous n'êtes pas identifié : l'avis est envoyé au titulaire du certificat d'immatriculation. Le conducteur est seul pénalement responsable (article L. 121-1), mais le titulaire de la carte grise est redevable pécuniairement de l'amende (article L. 121-3), sauf vol, usurpation de plaques, force majeure, ou éléments montrant qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction. Le titulaire qui conteste avoir conduit, sans que le conducteur soit identifié, peut rester tenu d'une amende fixée par le juge, mais il ne perd pas de point. Désigner faussement un proche est un délit.

Pour un véhicule immatriculé au nom d'une société, le représentant légal doit désigner le conducteur dans les 45 jours (article L. 121-6). À défaut, l'amende forfaitaire pour non-désignation est de 135 € pour le représentant légal et de 675 € pour la personne morale. Voir la page désignation du conducteur.

À partir de quel excès le permis peut-il être suspendu ?

L'expression « retrait de permis » recouvre cinq mesures distinctes, prises par des autorités différentes.

  • Rétention : par les forces de l'ordre, 72 heures au plus, pour un excès de 40 km/h et plus constaté avec interception (article L. 224-1).
  • Suspension administrative : par le préfet, 6 mois au plus en matière de vitesse, 1 an en cas d'accident corporel ou mortel. Elle peut être prise sans rétention, après un flash. Elle ne peut pas être aménagée.
  • Suspension judiciaire : par le juge, jusqu'à 3 ans, à partir de 30 km/h d'excès. Pour les contraventions, elle peut être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle.
  • Annulation : par le juge pénal uniquement, pour le délit d'excès de 50 km/h et plus. Il faut repasser le permis.
  • Invalidation : constatée par la lettre 48SI lorsque le solde de points tombe à zéro. Un petit excès suffit s'il retire le dernier point.

À partir de 30 km/h d'excès, le juge peut aussi interdire la conduite de certains véhicules pendant 5 ans au plus, y compris ceux qui ne nécessitent pas de permis. La suspension judiciaire suppose qu'un juge soit saisi : le paiement de l'amende forfaitaire éteint l'action publique et ne laisse subsister que l'amende et le retrait de points.

Excès de 50 km/h et plus : un délit depuis le 29 décembre 2025

Avant cette date, le grand excès de vitesse était une contravention de 5e classe, punie de 1 500 € d'amende au plus, et ne devenait un délit qu'en récidive. Ce régime est abrogé par la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 et son décret du 22 décembre 2025.

Les peines encourues sont de 3 mois d'emprisonnement et 3 750 € d'amende, avec un retrait de 6 points. L'affaire relève du tribunal correctionnel et la condamnation est inscrite au casier judiciaire. Le juge peut ajouter une suspension jusqu'à 3 ans, sans aménagement professionnel, une annulation du permis, un stage et la confiscation du véhicule, obligatoire en récidive. Sur place, le permis peut être retenu, et le véhicule placé en fourrière à titre provisoire pendant 7 jours.

La loi prévoit aussi une amende forfaitaire délictuelle de 300 €, dont l'application dépend du choix du parquet et du déploiement de la procédure : elle ne doit pas être tenue pour acquise. Le régime complet figure sur la page grand excès de vitesse, l'un des délits routiers traités par le cabinet.

Jeune conducteur : que change le permis probatoire ?

Le barème est le même, mais ses effets sont plus lourds. Le permis probatoire débute à 6 points, et les vitesses maximales autorisées sont réduites (articles R. 413-5 et R. 413-6) : l'excès se calcule par rapport à cette limite réduite, et non par rapport à la limite affichée pour les autres conducteurs.

Un excès de 30 km/h et plus retire au moins 3 points : en période probatoire, ce seuil déclenche la lettre recommandée 48N et un stage obligatoire dans les 4 mois. Un excès de 50 km/h et plus, qui retire 6 points, ramène à zéro le solde d'un conducteur en première année : le permis est invalidé. Les règles propres aux jeunes conducteurs sont détaillées sur la page permis probatoire.

Comment contester un excès de vitesse ?

La contestation se fait avant tout paiement. Vous disposez de 45 jours à compter de la date de l'avis pour adresser une requête en exonération, en ligne sur le site de l'ANTAI ou par lettre recommandée à l'officier du ministère public. Pour un radar automatique, contester sans désigner de conducteur impose de consigner une somme égale à l'amende forfaitaire. La consignation n'est pas un paiement : elle ne retire aucun point et elle est restituée en cas de classement ou de relaxe.

L'officier du ministère public peut classer, saisir le tribunal de police, ou déclarer la contestation irrecevable pour un motif de forme. Il ne peut pas la rejeter au fond. Devant le tribunal, l'amende ne peut être inférieure à l'amende forfaitaire et peut atteindre le maximum de la classe. Le procès-verbal fait foi jusqu'à preuve contraire, rapportée par écrit ou par témoins : une simple dénégation ne suffit pas. La marche à suivre est décrite sur la page contester un excès de vitesse.

Que fait l'avocat dans un dossier d'excès de vitesse ?

Le travail commence par les pièces : l'avis de contravention ou le procès-verbal, puis le relevé d'information intégral, qui montre ce que l'infraction coûte réellement en points.

  • Contrôle du procès-verbal : identification de l'appareil, date de sa dernière vérification annuelle, lieu précis, vitesses mesurée et retenue, limite applicable.
  • Choix de la voie : paiement, désignation ou contestation, selon votre solde, votre statut (probatoire, conducteur professionnel) et le dossier.
  • Suspension préfectorale : vérification de l'arrêté (signataire, motivation, durée) et recours lorsque cela se justifie.
  • Audience : nullités soulevées avant toute défense au fond, discussion de la peine, de la durée de la suspension et de son aménagement.

Ces vérifications sont des pistes d'examen, non l'assurance d'une issue favorable. Maître Olivier Descamps, avocat depuis 1998, inscrit au barreau de Paris, intervient devant les juridictions de toute la France. Le cabinet est joignable au 01 76 24 01 00, du lundi au samedi de 9 h à 20 h, ou par le formulaire de contact.

Vous êtes à Paris ? La page avocat excès de vitesse à Paris détaille le circuit parisien : suspension par le préfet de police, tribunal de police ou tribunal correctionnel de Paris et délais.

Questions fréquentes

Combien de points coûte un excès de vitesse ?

De 0 à 6 points selon l'excès retenu : aucun point en dessous de 5 km/h, 1 point de 5 à 19 km/h, 2 points de 20 à 29 km/h, 3 points de 30 à 39 km/h, 4 points de 40 à 49 km/h et 6 points à partir de 50 km/h.

Un excès de vitesse est-il inscrit au casier judiciaire ?

Une contravention réglée par amende forfaitaire n'apparaît pas au casier judiciaire. L'excès de 50 km/h et plus, devenu un délit le 29 décembre 2025, y est en revanche inscrit en cas de condamnation.

Peut-on perdre son permis pour un excès de vitesse sans avoir été arrêté ?

Oui. Le préfet peut suspendre le permis sans rétention préalable, sur transmission du procès-verbal, pour un excès de 40 km/h et plus relevé par radar. Le juge peut prononcer une suspension à partir de 30 km/h. Enfin, le retrait de points peut ramener le solde à zéro et entraîner l'invalidation du permis.

Que se passe-t-il si plusieurs infractions sont relevées en même temps ?

Lorsque plusieurs infractions sont commises simultanément, le retrait cumulé est plafonné à 8 points (article L. 223-2 du Code de la route). Les amendes, elles, se cumulent.

Je conduis avec un permis étranger : est-ce que je perds des points ?

Non, un permis étranger n'est pas affecté de points. L'amende reste due et, pour une infraction grave, le préfet ou le juge peut prononcer une interdiction de conduire sur le territoire français, de même durée qu'une suspension.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 48 bis, rue des Belles-Feuilles, 75116 Paris.

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