Suspension de permis pour stupéfiants : durée, analyses, restitution

Test salivaire positif : le permis est retenu jusqu'à 120 heures, puis suspendu par le préfet, obligatoirement depuis le 11 juillet 2025 et pour 1 an au plus. Durée devant le juge, absence d'aménagement, analyses exigées par la commission médicale et recours : le parcours complet jusqu'à la restitution.

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En bref

Un dépistage salivaire positif entraîne la rétention du permis, jusqu'à 120 heures. Dès que l'analyse établit l'usage, ou en cas de refus, le préfet doit suspendre le permis : la mesure est obligatoire depuis le 11 juillet 2025 et peut atteindre 1 an, 2 ans pour un professionnel du transport de personnes. Le juge peut ensuite prononcer jusqu'à 5 ans de suspension. Aucun aménagement n'existe, ni pour le travail ni par un équipement du véhicule. La restitution dépend de la commission médicale et de ses analyses.

De la rétention à la restitution : quelles sont les étapes ?

Après un contrôle positif, cinq étapes se suivent, chacune avec son auteur et son délai. Les peines elles-mêmes sont présentées dans le dossier stupéfiants au volant ; cette page suit le sort de votre permis, du bord de la route jusqu'au jour où vous reconduisez.

ÉtapeQui décideDurée ou délaiPouvez-vous conduire ?
Rétention du permisForces de l'ordre120 heures au plusNon
Suspension administrativePréfet du lieu du contrôle1 an au plus (2 ans pour le transport de personnes)Non
Suspension judiciaireJuge pénal5 ans au plusNon
Contrôle médicalCommission médicaleÀ passer avant la fin de la mesureNon, tant que l'avis n'est pas rendu
Restitution du titreDemande en ligne (France Titres)Après avis favorableOui

Test salivaire positif : pourquoi le permis est-il retenu 120 heures ?

Le dépistage salivaire au bord de la route n'est qu'un indice. Il doit être confirmé par un prélèvement analysé en laboratoire. Parce que cette analyse prend du temps, la rétention du permis dure 120 heures au plus, et non 72 heures (article L. 224-1 du Code de la route). Pendant ce délai, l'interdiction de conduire est totale et votre véhicule peut être immobilisé.

  • L'analyse confirme le dépistage : l'usage est établi, le préfet prend un arrêté de suspension, référencé 3F.
  • L'analyse ne le confirme pas : l'usage n'est pas établi et la suspension obligatoire n'a plus de fondement.
  • Rien ne vous est notifié dans les 120 heures : le permis doit vous être restitué. L'affaire n'est pas close : le préfet peut encore suspendre plus tard, par un arrêté 1F, lorsque le résultat lui parvient.

C'est aussi pendant ces heures que se joue votre droit à une seconde analyse. Il faut l'avoir réservé au moment du prélèvement : voir la contre-expertise en matière de stupéfiants et le déroulement du test salivaire.

Combien de temps le préfet suspend-il le permis pour stupéfiants ?

Depuis le 11 juillet 2025, le préfet n'a plus le choix. Il doit suspendre dès lors que l'usage de stupéfiants est établi, ou que le conducteur a refusé les vérifications (article L. 224-2, issu de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025). Avant cette date, la suspension était une simple faculté.

  • Plafond : 1 an. La limite de 6 mois ne s'applique pas aux stupéfiants.
  • Transport de personnes : 2 ans au plus pour le professionnel chargé de ce transport.
  • Durée réelle : elle est fixée par l'arrêté, dans la limite du plafond. Aucun barème national n'existe, et les pratiques diffèrent d'une préfecture à l'autre.

Cette suspension n'est pas une condamnation : elle est décidée sans audience et ne retire aucun point. La lecture de l'arrêté est détaillée sur la page suspension administrative du permis.

Depuis la loi du 18 août 2026, le permis peut aussi être suspendu sans aucune conduite : jusqu'à 3 ans par le juge pour le délit d'usage, jusqu'à 6 mois par le préfet en cas d'usage réitéré.

Quelle suspension le juge peut-il prononcer ensuite ?

La conduite après usage de stupéfiants est un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende (article L. 235-1). Le retrait de 6 points intervient lorsque la condamnation est définitive. Pour le permis, le juge dispose de plusieurs mesures.

SituationMesure sur le permisPoints
Première infractionSuspension de 5 ans au plus, ou annulation avec interdiction de repasser le permis pendant 5 ans au plus6
Stupéfiants et alcool cumulésMêmes mesures ; confiscation obligatoire du véhicule, sauf décision motivée9
RécidiveAnnulation de plein droit ; confiscation obligatoire du véhicule6
Composition pénaleRemise du permis pour 6 mois au plus6

La durée déjà subie au titre de la suspension préfectorale s'impute sur la suspension prononcée par le juge. Si le préfet a suspendu 6 mois et que le tribunal prononce 8 mois, il en reste 2. En cas de relaxe, de classement sans suite ou de non-lieu, la suspension administrative est réputée non avenue. Le cas de la récidive est traité sur la page récidive de stupéfiants au volant.

Pourquoi aucun aménagement n'est-il possible ?

C'est la particularité des stupéfiants : il n'existe aucune voie légale pour conduire pendant la mesure.

  • Pas d'aménagement devant le préfet : une suspension administrative ne peut jamais être limitée aux trajets privés ou professionnels.
  • Pas d'aménagement devant le juge : la loi exclut toute suspension limitée à la conduite hors activité professionnelle pour ce délit. Ce que l'on appelait le permis blanc n'existe pas ici.
  • Pas d'équivalent de l'éthylotest antidémarrage : cet équipement ne concerne que l'alcool. Aucun dispositif ne remplace la suspension en matière de stupéfiants.
  • Véhicules sans permis : le juge peut interdire, pendant 5 ans au plus, la conduite de certains véhicules, y compris ceux pour lesquels aucun permis n'est exigé. Lisez le dispositif du jugement.

Conduire malgré la rétention ou la suspension est un délit distinct : 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende, 6 points et confiscation obligatoire du véhicule dont vous êtes propriétaire, sauf décision spécialement motivée.

Visite médicale : quelles analyses pour récupérer le permis ?

La fin de la suspension ne rend pas le droit de conduire à elle seule. Après une suspension de plus d'1 mois, le permis n'est restitué que sur avis médical favorable.

  1. La commission médicale : pour une infraction liée aux stupéfiants, le contrôle a lieu devant la commission médicale départementale, en préfecture, et non chez un médecin agréé de ville. Coût : 50 €, non remboursés.
  2. Les analyses : la commission peut exiger des examens biologiques destinés à vérifier l'absence de consommation. Ils sont à votre charge. Leur nature et leur date sont indiquées sur la convocation ou prescrites lors de la visite : voir les analyses demandées à la visite médicale.
  3. L'examen psychotechnique : obligatoire lorsque la suspension atteint 6 mois. Il dure 40 minutes au moins et coûte environ 100 €.
  4. L'avis : apte, apte pour une durée limitée (de 6 mois à 5 ans), apte avec restrictions ou inapte. Un avis d'aptitude temporaire impose un nouveau contrôle à l'échéance.

Une analyse positive le jour du contrôle conduit à un avis défavorable ou à une aptitude de courte durée : la suspension est alors prolongée de fait. L'avis d'inaptitude se conteste devant la commission médicale d'appel, puis devant le juge administratif. Le déroulement complet figure sur la page visite médicale du permis.

Peut-on contester la suspension ?

L'arrêté préfectoral se conteste devant le tribunal administratif dans les 2 mois de sa notification. Ce recours ne suspend rien. Pour reconduire avant le jugement, il faut saisir le juge du référé-suspension, qui exige l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Les rejets sont fréquents.

Les moyens examinés : signataire sans délégation, motivation absente, durée supérieure au maximum légal, arrêté pris alors que l'usage n'était pas établi par l'analyse. Sur le plan pénal, le respect de votre droit à la contre-expertise et les conditions du prélèvement sont exposés sur la page vice de procédure en matière de stupéfiants. Une relaxe fait tomber la suspension administrative.

Ce que fait l'avocat dans un dossier de suspension pour stupéfiants

  • Pendant la rétention : il vérifie que vous avez réservé votre droit à une seconde analyse et adresse des observations au préfet sur la durée.
  • À réception de l'arrêté : il contrôle la compétence du signataire, la motivation, la durée et la date de notification, puis apprécie les chances d'un référé.
  • Sur le dossier pénal : il obtient la procédure, examine le prélèvement, la notification des résultats et le délai de 5 jours pour demander la contre-expertise.
  • À l'audience : il soulève les nullités avant toute défense au fond, plaide la durée et l'imputation de la suspension déjà effectuée.

Le cabinet Car Avocat intervient devant les préfectures et les juridictions de toute la France. Vous pouvez adresser votre avis de rétention ou votre arrêté au cabinet ou appeler le 01 76 24 01 00, du lundi au samedi, de 9 h à 20 h.

Questions fréquentes

La suspension pour stupéfiants est-elle toujours de 6 mois ?

Non. Six mois n'est ni un minimum ni un plafond. Le préfet fixe la durée dans la limite d'1 an, ou de 2 ans pour un professionnel du transport de personnes. Le juge peut ensuite prononcer une suspension allant jusqu'à 5 ans.

J'ai consommé plusieurs jours avant le contrôle : mon permis peut-il être suspendu ?

Oui. La loi ne fixe aucun seuil : l'infraction est constituée dès que la présence d'un stupéfiant est détectée par l'analyse, sans qu'il soit nécessaire de prouver un effet sur la conduite. La suspension préfectorale est alors obligatoire.

Après 120 heures, je n'ai reçu aucun arrêté : puis-je reconduire ?

Si aucune décision ne vous a été notifiée à l'issue de la rétention, le permis doit vous être restitué et vous pouvez conduire une fois le titre récupéré. Le préfet peut toutefois prendre un arrêté de suspension plus tard, à réception du résultat de l'analyse.

La suspension me fait-elle perdre des points ?

Non. La suspension interdit de conduire pendant une durée. Les 6 points, ou 9 points en cas de cumul avec l'alcool, sont retirés séparément, lorsque la condamnation est définitive ou la composition pénale exécutée.

Refuser le test salivaire évite-t-il la suspension ?

Non. Le refus de se soumettre aux vérifications entraîne lui aussi une suspension préfectorale obligatoire. C'est en outre un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende depuis la loi du 18 août 2026, avec un retrait de 6 points.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.

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