Rétention de permis : 72 h ou 120 h, et que faire ensuite

Votre permis vient d'être retenu par la police ou la gendarmerie. La rétention dure 72 heures, ou 120 heures lorsque des analyses en laboratoire sont nécessaires. Voici ce que les forces de l'ordre peuvent faire, ce que le préfet décide pendant ce délai et comment réagir sans aggraver votre situation.

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En bref

La rétention du permis est une mesure conservatoire prise par les forces de l'ordre au moment du contrôle (article L. 224-1 du Code de la route). Elle dure 72 heures au plus, 120 heures lorsque des vérifications en laboratoire sont nécessaires (alcoolémie par analyse de sang, stupéfiants). Pendant ce délai, toute conduite est interdite et le préfet décide d'une éventuelle suspension. Sans décision notifiée à l'issue du délai, le permis est restitué. Conduire malgré la rétention est un délit : 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende, 6 points.

Qu'est-ce que la rétention du permis de conduire ?

La rétention est le premier maillon de ce que l'on appelle couramment le retrait de permis. Policiers ou gendarmes conservent votre titre et vous remettent en échange un avis de rétention. Ce n'est pas une sanction : c'est une mesure d'attente, qui laisse au préfet le temps de statuer.

Ses effets sont pourtant immédiats. Dès la remise de l'avis, toute conduite vous est interdite, y compris pour rentrer chez vous ou vous rendre au travail. La rétention ne retire en revanche aucun point : le retrait de points n'intervient que plus tard, lorsque l'infraction est établie par un paiement ou une condamnation définitive.

Dans quels cas la police peut-elle retenir votre permis ?

La rétention n'est possible que dans les cas prévus par l'article L. 224-1 du Code de la route :

  • Alcool : dépistage positif, ivresse manifeste, état alcoolique établi par éthylomètre ou analyse de sang, refus de dépistage ou de vérification.
  • Stupéfiants : dépistage salivaire positif, usage établi, refus de se soumettre aux épreuves.
  • Vitesse : excès d'au moins 40 km/h établi par un appareil homologué, à la condition que le véhicule ait été intercepté.
  • Accident mortel ou corporel, lorsqu'il existe un soupçon d'infraction en matière de téléphone, de vitesse, de croisement, de dépassement, d'intersection ou de priorité.
  • Téléphone tenu en main, cumulé à une autre infraction commise simultanément.
  • Refus d'obtempérer et rodéo motorisé.
  • Accompagnateur d'un élève conducteur, en cas d'alcool ou de stupéfiants.

Deux limites méritent d'être connues. Un taux d'alcool seulement contraventionnel (de 0,5 à moins de 0,8 g/l de sang) ne justifie pas à lui seul une rétention. Et un excès de vitesse relevé par un radar automatique, sans interception, ne peut pas donner lieu à rétention : le préfet peut seulement suspendre plus tard, sur transmission du procès-verbal. Voir notre page sur l'excès de vitesse de 40 à 49 km/h.

Rétention de 72 h ou de 120 h : quelle durée s'applique ?

La durée de principe est de 72 heures. Elle passe à 120 heures lorsque des vérifications en laboratoire sont nécessaires. C'est le cas de l'alcoolémie mesurée par analyse de sang et des stupéfiants.

SituationRétentionDécision du préfetSuspension maximale
Alcool établi par éthylomètre72 hObligatoire1 an
Alcool vérifié par analyse de sang120 hObligatoire si le taux est établi1 an
Stupéfiants (analyse en laboratoire)120 hObligatoire si l'usage est établi1 an
Refus de vérification (alcool ou stupéfiants)72 hObligatoire1 an
Refus d'obtempérer72 hFacultative1 an
Accident mortel ou corporel avec soupçon d'infraction72 hFacultative1 an
Excès de vitesse d'au moins 40 km/h avec interception72 hFacultative6 mois
Téléphone tenu en main et autre infraction72 hFacultative6 mois

Pour le professionnel chargé du transport de personnes, les durées maximales de suspension sont doublées : 1 an et 2 ans. Le délai est exprimé en heures et court à compter de la rétention. Il n'est pas prolongé parce qu'il expire un samedi, un dimanche ou un jour férié : une rétention notifiée un vendredi soir ne dure pas « jusqu'au lundi », elle dure 72 ou 120 heures.

Que décide le préfet pendant la rétention ?

Le procès-verbal est transmis à la préfecture du département où l'infraction a été constatée, et non à celle de votre domicile. Trois issues sont possibles.

  • Un arrêté 3F vous est notifié dans le délai : c'est une suspension administrative du permis. Depuis le 11 juillet 2025, le préfet doit la prononcer lorsque l'état alcoolique ou l'usage de stupéfiants est établi, et en cas de refus des vérifications. Dans les autres cas, il apprécie.
  • En matière d'alcool, un arrêté proposant l'éthylotest antidémarrage : le préfet peut limiter votre droit de conduire aux véhicules équipés de cet éthylotest antidémarrage pendant 1 an au plus, au lieu de suspendre.
  • Aucune décision ne vous est notifiée : le permis vous est restitué. Il est mis à votre disposition dans les 12 heures qui suivent la fin de la rétention.

Pas de nouvelles après 72 h : pouvez-vous reconduire ?

À l'expiration du délai de 72 ou 120 heures, si aucun arrêté de suspension ne vous a été notifié, la rétention prend fin et vous pouvez récupérer votre titre auprès du service indiqué sur l'avis de rétention.

Trois précautions s'imposent toutefois :

  1. Vérifiez la durée applicable. Si une prise de sang ou un prélèvement de stupéfiants a été réalisé, le délai est de 120 heures et non de 72.
  2. Vérifiez qu'aucun arrêté ne vous attend. Un pli recommandé présenté à votre domicile et non retiré peut contenir la décision. Tant que le doute subsiste, ne conduisez pas.
  3. Sachez que le dossier n'est pas clos. Le préfet conserve la possibilité de suspendre plus tard par un arrêté 1F, pris sans rétention préalable sur transmission du procès-verbal (article L. 224-7 du Code de la route).

Un arrêté 3F pris hors délai peut être contesté, mais la portée du moyen est limitée : la préfecture peut fonder sa décision sur l'article L. 224-7.

Que devient votre véhicule pendant la rétention ?

Les forces de l'ordre peuvent immobiliser le véhicule. Lorsqu'il ne l'est pas, il ne peut repartir qu'avec un conducteur titulaire d'un permis valide.

Pour les infractions qui font encourir la confiscation (alcool délictuel, stupéfiants, refus d'obtempérer, rodéo, excès de vitesse d'au moins 50 km/h), le véhicule peut en outre être placé, avec l'autorisation du préfet, en immobilisation et fourrière administratives pendant 7 jours.

Que faire, concrètement, pendant ces 72 ou 120 heures ?

  1. Ne conduisez pas. La conduite malgré une rétention ou une suspension est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 4 500 € d'amende, avec retrait de 6 points et confiscation obligatoire du véhicule dont vous êtes propriétaire.
  2. Conservez l'avis de rétention et vérifiez qu'il mentionne la date, l'heure et le motif de la mesure. L'heure fixe le point de départ du délai.
  3. Notez sans attendre le déroulement du contrôle : heure de l'interception, nombre de souffles, temps écoulé entre les deux, informations qui vous ont été données, prélèvement sanguin demandé ou non.
  4. Rassemblez les justificatifs de votre situation professionnelle : contrat de travail, attestation de l'employeur, planning, absence de transports en commun.

Que fait l'avocat dès la rétention ?

Le cabinet Car Avocat intervient dès les premières heures, sur quatre points :

  • La légalité de la rétention : cas effectivement prévu par l'article L. 224-1, interception réelle pour un excès de vitesse, taux délictuel et non contraventionnel pour l'alcool.
  • La mesure elle-même : homologation et vérification de l'éthylomètre, information sur le droit à un second contrôle, marge d'erreur lorsque le taux est proche d'un seuil, vitesse retenue après déduction de la marge technique.
  • La décision préfectorale : observations écrites et justificatifs adressés à la préfecture, puis, si un arrêté est pris, examen de sa date, de sa motivation, de la compétence de son signataire et de sa durée. Un recours devant le tribunal administratif, assorti d'un référé-suspension, peut être envisagé lorsque l'urgence est démontrable.
  • La suite pénale : c'est le jugement qui fixera le sort définitif du permis. Une relaxe ou un classement sans suite rend la suspension administrative non avenue.

Aucune issue ne peut être promise à ce stade : tout dépend des pièces. Vous pouvez joindre le cabinet au 01 76 24 01 00, du lundi au samedi de 9 h à 20 h, ou par le formulaire de contact.

Questions fréquentes

La rétention du permis fait-elle perdre des points ?

Non. La rétention est une mesure conservatoire. Les points ne sont retirés que lorsque l'infraction est établie : paiement de l'amende forfaitaire, composition pénale exécutée ou condamnation définitive.

Où récupérer son permis à la fin de la rétention ?

Auprès du service désigné sur l'avis de rétention. Si aucune suspension n'a été notifiée, le permis est mis à votre disposition dans les 12 heures qui suivent l'expiration du délai de 72 ou 120 heures.

Peut-on contester une rétention de permis ?

La rétention elle-même est trop brève pour faire l'objet d'un recours utile. Ses irrégularités se discutent à l'occasion du recours contre l'arrêté de suspension qui la suit, devant le tribunal administratif, et devant le juge pénal lors de l'examen de la procédure.

Mon permis peut-il être retenu après un simple flash de radar ?

Non. La rétention pour excès de vitesse suppose un dépassement d'au moins 40 km/h et l'interception du véhicule. Après un flash sans interception, le préfet peut seulement prendre un arrêté de suspension 1F sur transmission du procès-verbal.

Que se passe-t-il pour un permis étranger ?

Le titre peut être retenu dans les mêmes cas. Le préfet ne prononce pas une suspension mais une interdiction de conduire sur le territoire national, par un arrêté référencé 3E, de même durée qu'une suspension.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.

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