Délit routier : sanctions, récidive et défense devant le tribunal

Alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse, refus d'obtempérer, conduite sans permis : un délit routier se juge au tribunal correctionnel et s'inscrit au casier judiciaire. Voici les peines à jour des lois de juillet 2025 et d'août 2026, délit par délit, et ce que la défense peut vérifier.

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En bref

Un délit routier est une infraction punie d'emprisonnement, jugée par le tribunal correctionnel et inscrite au casier judiciaire. Les principaux : alcool à partir de 0,8 g/l de sang et stupéfiants (3 ans, 9 000 €), excès de vitesse de 50 km/h ou plus (3 mois, 3 750 €, délit depuis le 29 décembre 2025), conduite sans permis (1 an, 15 000 €), conduite malgré suspension (2 ans, 4 500 €), homicide routier (7 à 10 ans). La plupart retirent 6 points et exposent à la suspension ou à l'annulation du permis, voire à la confiscation du véhicule.

Qu'est-ce qu'un délit routier, et en quoi diffère-t-il d'une contravention ?

Le Code de la route distingue deux niveaux d'infractions. La contravention se règle le plus souvent par une amende forfaitaire. Le délit routier change d'échelle : une peine d'emprisonnement est encourue, le dossier relève du procureur de la République et une condamnation laisse une trace au casier judiciaire.

CritèreContraventionDélit routier
JuridictionTribunal de policeTribunal correctionnel
Peine principaleAmende : 750 € au plus pour une contravention de 4e classeEmprisonnement et amende
PointsDe 1 à 6 points selon l'infraction6 points en règle générale, 9 pour le cumul alcool et stupéfiants
Casier judiciaireUne amende forfaitaire payée n'y figure pasToute condamnation y est inscrite, y compris l'amende forfaitaire délictuelle
Suspension du permisAménagement possible pour certaines contraventions, sur décision du jugeAucun aménagement pour les besoins professionnels
Prescription de l'action publique1 an6 ans

Une même conduite peut relever de l'un ou de l'autre selon un seuil. L'alcool est une contravention entre 0,5 et 0,8 g/l de sang et un délit à partir de 0,8 g/l (0,40 mg/l d'air expiré). L'excès de vitesse est une contravention jusqu'à 49 km/h au-dessus de la limite et un délit à partir de 50 km/h. Les seuils sont détaillés sur les pages taux d'alcoolémie et excès de vitesse.

Quelles sont les sanctions des principaux délits routiers ?

Le tableau reprend les peines maximales prévues par les textes en vigueur en octobre 2026, après la loi du 9 juillet 2025 et la loi du 18 août 2026. Lorsqu'un chiffre demande une vérification au cas par cas, la ligne renvoie à la page consacrée à l'infraction.

DélitPeines maximales encouruesPointsPermis et véhicule
Alcool : taux d'au moins 0,8 g/l de sang (0,40 mg/l d'air expiré)3 ans, 9 000 €6Suspension préfectorale obligatoire ; suspension judiciaire ou annulation jusqu'à 5 ans
Conduite après usage de stupéfiants3 ans, 9 000 €6Suspension préfectorale obligatoire ; suspension judiciaire ou annulation jusqu'à 5 ans
Stupéfiants et alcool cumulés5 ans, 15 000 €9Confiscation obligatoire du véhicule
Refus de se soumettre aux vérifications (alcool ou stupéfiants)3 ans, 9 000 €6Suspension préfectorale obligatoire ; annulation de plein droit en récidive
Conduite en état d'ivresse manifeste ou sous emprise manifeste3 ans, 9 000 €6Mêmes peines complémentaires que l'alcool et les stupéfiants
Excès de vitesse de 50 km/h ou plus3 mois, 3 750 €6Suspension jusqu'à 3 ans ; confiscation obligatoire en récidive
Refus d'obtempérerVoir la page dédiée6Confiscation obligatoire du véhicule
Délit de fuiteVoir la page dédiéeVoir la page dédiéeSuspension, annulation et confiscation possibles
Conduite sans permis1 an, 15 000 €Aucun retraitConfiscation obligatoire du véhicule du condamné
Conduite malgré rétention, suspension ou annulation2 ans, 4 500 €6Confiscation obligatoire ; suspension jusqu'à 3 ans
Conduite sans assuranceAmende délictuelleAucun retraitSuspension jusqu'à 3 ans
Conduite d'un véhicule sans éthylotest antidémarrage malgré l'interdiction2 ans, 4 500 €6Voir la page sur l'éthylotest antidémarrage
Rodéo motorisé2 ans, 30 000 €Voir la page dédiéeConfiscation obligatoire
Homicide routier7 ans, 100 000 € ; 10 ans, 150 000 € avec deux circonstances ou plusVoir la page dédiéeAnnulation de plein droit ; nouveau permis interdit pendant 5 à 10 ans
Blessures routières, incapacité de plus de 3 mois5 ans, 75 000 € ; 7 ans, 100 000 € avec deux circonstances ou plusVoir la page dédiéeAnnulation de plein droit ; nouveau permis interdit pendant 5 à 10 ans
Blessures routières, incapacité de 3 mois au plus3 ans, 45 000 € ; 5 ans, 75 000 € avec deux circonstances ou plusVoir la page dédiéeSuspension jusqu'à 10 ans

Ces chiffres sont des plafonds. Le tribunal fixe la peine en fonction des faits, du casier et de la situation personnelle du conducteur. La confiscation dite obligatoire peut être écartée par une décision spécialement motivée.

Trois changements récents sont à connaître. Depuis le 11 juillet 2025, l'alcool délictuel et les stupéfiants sont punis de 3 ans et 9 000 €, contre 2 ans et 4 500 € auparavant. Depuis le 29 décembre 2025, l'excès de vitesse de 50 km/h ou plus est un délit dès la première infraction. Enfin, la loi du 18 août 2026 a porté le refus de vérification à 3 ans et 9 000 €, créé le délit de conduite sous emprise manifeste et rendu obligatoire la confiscation du véhicule en cas de refus d'obtempérer.

Les quatre familles de délits routiers

Chaque famille fait l'objet d'un dossier complet : seuils, sanctions, mesures immédiates sur le permis, moyens de défense.

Autres délits et infractions : une page par situation

Que change la récidive ?

Il y a récidive légale lorsqu'un nouveau délit est commis dans le délai prévu par le Code pénal après une première condamnation définitive. Les délits routiers sont assimilés entre eux pour l'application de cette règle. Les conséquences sont lourdes :

  • Peines principales doublées : l'emprisonnement et l'amende encourus sont multipliés par deux.
  • Annulation de plein droit du permis en cas de récidive d'alcool délictuel, d'ivresse manifeste, de refus de vérification ou de stupéfiants : le juge doit la constater.
  • Confiscation obligatoire du véhicule dont le condamné est propriétaire, sauf décision spécialement motivée. Elle joue aussi pour la récidive d'excès de vitesse de 50 km/h ou plus.
  • Immobilisation du véhicule pendant 1 an au plus.
  • Voies simplifiées fermées : l'amende forfaitaire délictuelle est exclue en cas de récidive.

La défense vérifie d'abord que la récidive est réellement constituée : date et caractère définitif de la première condamnation, nature de l'infraction retenue. Les pages récidive d'alcool au volant et récidive de stupéfiants au volant détaillent ces points, et les pages annulation de permis et confiscation du véhicule leurs conséquences.

Un délit routier est-il inscrit au casier judiciaire ?

Oui. Toute condamnation pour délit figure au bulletin n° 1, réservé aux autorités judiciaires. Elle apparaît aussi, sauf dispense, au bulletin n° 2, consultable par les administrations et certains employeurs (transport, sécurité, fonction publique).

  • Dispense d'inscription au bulletin n° 2 : elle se demande à l'audience, ou plus tard par requête. C'est un enjeu central pour les chauffeurs, les agents de sécurité et les fonctionnaires.
  • Amende forfaitaire délictuelle : son paiement éteint l'action publique, mais elle est inscrite au bulletin n° 1.
  • Composition pénale : elle figure au seul bulletin n° 1, pendant 3 ans.
  • Effacement : la réhabilitation de plein droit intervient après 3 ans pour une amende, 5 ans pour une peine d'emprisonnement unique n'excédant pas 1 an. Ces délais sont doublés en récidive.

Les règles complètes figurent sur la page délit routier et casier judiciaire.

Comment se déroule la procédure après un délit routier ?

  1. Constatation et mesures immédiates : le permis peut être retenu 72 heures, 120 heures lorsque des analyses en laboratoire sont nécessaires. Le préfet peut ensuite, et doit en matière d'alcool et de stupéfiants, prononcer une suspension administrative de 6 mois au plus, 1 an pour l'alcool, les stupéfiants, le refus d'obtempérer ou un accident corporel. Le véhicule peut être immobilisé et placé en fourrière.
  2. Audition : le conducteur est entendu en audition libre ou placé en garde à vue, pour 24 heures renouvelables une fois. Il a droit à un avocat et peut garder le silence. Voir audition libre et garde à vue.
  3. Orientation par le procureur : amende forfaitaire délictuelle, ordonnance pénale (opposition possible dans les 45 jours), composition pénale, CRPC avec avocat obligatoire, ou convocation devant le tribunal.
  4. Audience : le tribunal correctionnel statue sur la culpabilité, la peine, le permis et le véhicule. Les nullités de procédure doivent être soulevées avant toute défense au fond.
  5. Recours : l'appel se forme dans les 10 jours du jugement.

La suspension judiciaire remplace la suspension administrative, dont la durée déjà effectuée est déduite. Chaque étape est expliquée sur la page procédure pénale routière ; les mesures sur le titre le sont sur la page retrait de permis.

Que fait l'avocat face à un délit routier ?

Le travail commence par la lecture du dossier pénal, que l'avocat peut se faire communiquer. Maître Olivier Descamps, avocat au barreau des Hauts-de-Seine depuis 1998, intervient devant les juridictions de toute la France.

  • Contrôler la procédure : cadre du contrôle, mentions du procès-verbal, vérification des appareils de mesure, notification des droits, respect des délais.
  • Vérifier les droits du conducteur : information sur le second contrôle en matière d'alcool, possibilité de contre-expertise en matière de stupéfiants.
  • Discuter la qualification : taux ou vitesse retenus après application des marges, existence réelle de la récidive, identité du conducteur.
  • Choisir la voie procédurale : accepter ou refuser une composition pénale ou une CRPC, former opposition à une ordonnance pénale dans le délai.
  • Plaider la peine : durée de la suspension, dispense d'inscription au bulletin n° 2, arguments contre la confiscation du véhicule, alternative à l'annulation.

Aucun résultat ne peut être promis : chaque dossier dépend de ses pièces. Pour faire examiner le vôtre, écrivez-nous depuis la page contact ou appelez le 01 76 24 01 00, du lundi au samedi de 9 h à 20 h.

Questions fréquentes

Un délit routier fait-il toujours perdre 6 points ?

En règle générale, oui : un délit entraîne le retrait de la moitié du capital maximal, soit 6 points. Le cumul d'alcool et de stupéfiants en retire 9. La conduite sans permis et le défaut d'assurance n'entraînent aucun retrait.

Un grand excès de vitesse est-il un délit ?

Oui. Depuis le 29 décembre 2025, l'excès de vitesse de 50 km/h ou plus est un délit dès la première infraction, puni de 3 mois d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende, avec 6 points. Il relève du tribunal correctionnel et s'inscrit au casier judiciaire.

Peut-on obtenir un permis blanc après un délit routier ?

Non. La suspension prononcée pour un délit ne peut pas être aménagée pour les besoins professionnels. Cet aménagement n'est ouvert que pour certaines contraventions, et il n'existe pas pour une suspension décidée par le préfet.

Risque-t-on la prison pour un premier délit routier ?

L'emprisonnement est encouru, mais les peines indiquées sont des maximums et le tribunal individualise la sanction. L'ordonnance pénale, procédure écrite utilisable pour les délits routiers aux faits simples et établis, ne permet pas de prononcer d'emprisonnement.

Faut-il payer une amende forfaitaire délictuelle ?

Le paiement éteint l'action publique, mais l'amende forfaitaire délictuelle est inscrite au casier judiciaire et le retrait de points s'applique lorsque le délit en comporte. Elle peut être contestée dans les 45 jours, avec consignation du montant.

Combien de temps le permis peut-il être retenu après un délit ?

La rétention dure 72 heures au plus, 120 heures lorsque des vérifications en laboratoire sont nécessaires, en matière d'alcool par analyse de sang ou de stupéfiants. Le préfet peut ensuite prononcer une suspension administrative.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.

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