Suspension administrative du permis : durée, arrêté 3F et recours
Le préfet a suspendu votre permis par un arrêté 3F ou 1F. Cette mesure provisoire dure 6 mois au plus, 1 an pour l'alcool et les stupéfiants, et ne peut pas être aménagée pour le travail. Durées exactes, lecture de l'arrêté, recours possibles et démarches de restitution : le point à jour en octobre 2026.
Faire vérifier mon arrêtéLa suspension administrative est une mesure provisoire prise par le préfet, avant tout jugement (article L. 224-2 du Code de la route). Elle dure 6 mois au plus, 1 an en cas d'alcool, de stupéfiants, de refus de vérification, de refus d'obtempérer ou d'accident corporel, et jusqu'à 2 ans pour un professionnel du transport de personnes. Depuis le 11 juillet 2025, elle est obligatoire pour l'alcool et les stupéfiants. Elle ne peut pas être aménagée. Le recours s'exerce devant le tribunal administratif dans les 2 mois.
Qu'est-ce qu'une suspension administrative du permis ?
C'est la décision par laquelle le préfet vous interdit de conduire avant tout jugement. Elle fait le plus souvent suite à une rétention du permis par les forces de l'ordre. Elle est prise par le préfet du département où l'infraction a été constatée, et non par celui de votre domicile. À Paris, cette compétence est exercée par le préfet de police.
Ce n'est pas une peine. C'est une mesure de sûreté, fondée sur le seul procès-verbal, sans audience ni débat. Elle se distingue de la suspension judiciaire, prononcée plus tard par le juge pénal. Elle ne retire aucun point : ce retrait n'interviendra qu'une fois l'infraction définitivement établie.
Dans quels cas le préfet doit-il, ou peut-il, suspendre ?
Avant la loi du 9 juillet 2025, le préfet pouvait suspendre. Depuis le 11 juillet 2025, il doit le faire dans les 72 ou 120 heures de la rétention pour quatre situations liées à l'alcool et aux stupéfiants (article L. 224-2, I A). Dans les autres cas, la suspension reste une faculté.
| Motif | Décision | Durée maximale | Transport de personnes |
|---|---|---|---|
| État alcoolique délictuel établi (0,40 mg/l d'air expiré, soit 0,8 g/l de sang) | Obligatoire | 1 an | 2 ans |
| Refus des vérifications d'alcoolémie | Obligatoire | 1 an | 2 ans |
| Usage de stupéfiants établi | Obligatoire | 1 an | 2 ans |
| Refus des vérifications de stupéfiants | Obligatoire | 1 an | 2 ans |
| Refus d'obtempérer | Facultative | 1 an | 2 ans |
| Accident mortel ou corporel avec soupçon d'infraction | Facultative | 1 an | 2 ans |
| Excès de vitesse d'au moins 40 km/h | Facultative | 6 mois | 1 an |
| Téléphone tenu en main et autre infraction simultanée | Facultative | 6 mois | 1 an |
Le préfet peut également suspendre en cas de rodéo motorisé ou de conduite sous emprise manifeste, délit créé par la loi du 18 août 2026 (article L. 237-1). Le même texte permet une suspension jusqu'à 6 mois pour usage réitéré de stupéfiants, indépendamment de toute conduite.
Ces durées sont des plafonds. Le préfet fixe la durée dans cette limite. La mention « 6 mois maximum », encore répandue, est donc fausse pour l'alcool et les stupéfiants.
Arrêté 3F, 1F, 3A : comment lire la décision ?
La référence portée sur l'arrêté indique le cadre dans lequel il a été pris.
| Référence | Signification |
|---|---|
| 3F | Suspension prise après une rétention du permis, dans le délai de 72 ou 120 heures |
| 1F | Suspension prise sans rétention préalable, sur transmission du procès-verbal (article L. 224-7) |
| 3A ou 1A | Arrêté limitant la conduite aux véhicules équipés d'un éthylotest antidémarrage |
| 3E ou 1E | Interdiction de conduire en France, pour le titulaire d'un permis étranger |
L'arrêté 1F concerne par exemple un excès de vitesse d'au moins 40 km/h relevé sans interception. C'est aussi sur ce fondement que certains préfets suspendent le permis pour le seul usage du téléphone tenu en main, sans autre infraction : la légalité de ces décisions est discutée.
Pour un permis étranger, le préfet ne suspend pas le titre : il interdit de conduire sur le territoire national, pour la même durée.
Peut-on conduire pour travailler pendant la suspension ?
Non. Aucun aménagement n'existe en matière administrative : ni pour les trajets professionnels, ni pour certains jours, ni pour certaines catégories de véhicules. Le permis blanc préfectoral n'existe pas. Conduire malgré la suspension est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 4 500 € d'amende, avec retrait de 6 points et confiscation obligatoire du véhicule dont vous êtes propriétaire.
Deux voies seulement permettent de reconduire avant le terme :
- L'éthylotest antidémarrage préfectoral : en matière d'alcool, le préfet peut restreindre votre droit de conduire aux seuls véhicules équipés d'un éthylotest antidémarrage, pendant 1 an au plus, au lieu de suspendre. Le taux maximal autorisé est alors de 0,2 g/l de sang.
- Le référé-suspension : le juge administratif peut suspendre l'exécution de l'arrêté jusqu'au jugement au fond.
Quels recours contre un arrêté de suspension ?
Trois recours existent. Aucun n'est suspensif : l'interdiction de conduire continue de s'appliquer tant qu'un juge n'en a pas décidé autrement.
- Recours gracieux auprès du préfet qui a pris la décision.
- Recours hiérarchique auprès du ministre de l'Intérieur.
- Recours contentieux devant le tribunal administratif, dans les 2 mois de la notification de l'arrêté.
Le recours contentieux peut être accompagné d'un référé-suspension (article L. 521-1 du Code de justice administrative). Il suppose trois conditions : une requête au fond, une urgence justifiée par des pièces, et un moyen créant un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Les rejets sont fréquents.
Les moyens qui s'examinent
- Compétence : le signataire disposait-il d'une délégation régulière ?
- Motivation : l'arrêté énonce-t-il les faits et les textes qui le fondent ?
- Délai : un arrêté 3F a-t-il été pris après l'expiration des 72 ou 120 heures ? Le moyen a une portée limitée, la préfecture pouvant se fonder sur l'article L. 224-7.
- Durée : dépasse-t-elle le maximum légal applicable à l'infraction ?
- Mesure : marge d'erreur de l'éthylomètre lorsque le taux est proche du seuil, erreur sur la vitesse retenue après déduction de la marge technique.
- Cas non prévu par les textes : suspension pour téléphone seul, par exemple.
L'utilité pratique de ces recours est limitée : le délai de jugement du tribunal administratif dépasse souvent la durée de la suspension. C'est fréquemment la procédure pénale qui règle la question.
Comment la suspension administrative s'articule-t-elle avec le jugement ?
La suspension administrative cesse de produire effet lorsque la décision du juge pénal devient exécutoire. Trois situations se présentent :
- Le juge prononce une suspension : elle se substitue à celle du préfet, et la durée déjà effectuée s'impute. Pour une suspension judiciaire de 8 mois après 5 mois de suspension administrative, il reste 3 mois à effectuer.
- Le juge ne prononce pas de suspension : la mesure administrative prend fin.
- Relaxe, classement sans suite ou non-lieu : la suspension administrative est non avenue.
Comment récupérer son permis à la fin de la suspension ?
- Suspension d'1 mois ou moins : le droit de conduire est retrouvé au terme de la durée, sans contrôle médical.
- Suspension de plus d'1 mois : un contrôle médical est obligatoire. Pour l'alcool ou les stupéfiants, il a lieu devant la commission médicale départementale (50 €). Dans les autres cas, chez un médecin agréé, qui ne peut pas être votre médecin traitant (36 €). Voir notre page sur la visite médicale du permis.
- Suspension de 6 mois ou plus : s'ajoute un examen psychotechnique de 40 minutes au moins, d'un coût d'environ 100 €.
- Demande de titre : elle se fait en ligne sur le site de France Titres (ANTS), et non au guichet de la préfecture.
Le contrôle médical se déroule dans votre département de résidence, même si l'arrêté émane d'une autre préfecture. Ces frais ne sont pas remboursés. Prenez ces rendez-vous avant le terme de la suspension.
Que fait l'avocat face à une suspension préfectorale ?
Le cabinet Car Avocat traite ensemble le volet administratif et le volet pénal.
- Lecture de l'arrêté : référence, date, heure de la rétention, signataire, durée, motif, mention des voies et délais de recours.
- Choix du recours : recours gracieux argumenté, requête au fond, référé-suspension lorsque les pièces établissent l'urgence professionnelle. Le cabinet vous dit aussi quand un recours n'a pas d'intérêt pratique.
- Demande d'éthylotest antidémarrage en matière d'alcool, lorsque votre situation s'y prête.
- Défense pénale : contrôle de la régularité de l'interpellation et des mesures, discussion de la peine, afin de limiter la durée totale de privation du permis.
Aucun résultat ne peut être promis ; l'analyse repose sur l'arrêté et le procès-verbal. Transmettez-les au cabinet par la page contact ou appelez le 01 76 24 01 00.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une suspension administrative pour alcool ?
Le préfet fixe la durée dans la limite d'1 an, ou de 2 ans pour un professionnel chargé du transport de personnes. Depuis le 11 juillet 2025, il est tenu de suspendre lorsque l'état alcoolique délictuel est établi ou en cas de refus des vérifications.
Le préfet peut-il suspendre mon permis sans que j'aie été arrêté ?
Oui. Par un arrêté 1F, il peut suspendre sur simple transmission du procès-verbal, sans rétention préalable, par exemple après un excès de vitesse d'au moins 40 km/h relevé sans interception.
Puis-je conduire une voiture sans permis pendant la suspension administrative ?
L'arrêté préfectoral suspend le permis de conduire ; il ne vise pas les véhicules pour lesquels aucun permis n'est exigé. La situation change si le juge prononce ensuite une interdiction de conduire certains véhicules, y compris sans permis, pendant 5 ans au plus.
Que se passe-t-il si je suis relaxé après avoir subi toute la suspension ?
La suspension administrative est alors non avenue. Le temps passé sans permis n'est pas rendu, mais aucune suspension judiciaire ne s'y ajoute et aucun point n'est retiré, faute de condamnation.
Faut-il un avocat pour contester un arrêté de suspension ?
L'avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal administratif, y compris en référé-suspension. Son intervention sert à identifier les moyens sérieux, à constituer le dossier d'urgence et à coordonner le recours avec la défense pénale.
Pour aller plus loin
- Retrait de permis : les cinq mesures et leurs recours
- Rétention de permis : 72 h ou 120 h
- Suspension judiciaire du permis : durées et aménagement
- Référé-suspension : reconduire pendant le recours
- Conduite malgré suspension de permis : les peines
- Visite médicale après suspension
- Suspension du permis après une alcoolémie
- Suspension du permis après un test salivaire positif
- Excès de vitesse : quand le préfet suspend le permis
- Suspension de permis : vue d'ensemble des deux régimes
- Chauffeur VTC ou taxi : permis suspendu
- Arrêté 3F ou 1F : lire et vérifier votre arrêté de suspension
- Contester une suspension administrative : les trois recours
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