Excès de vitesse du jeune conducteur : points, stage et invalidation

En période probatoire, un excès de vitesse se calcule sur des limites réduites et s'impute sur un capital de 6 points. À partir de 3 points perdus, le stage devient obligatoire ; à 6, le permis est invalidé. Voici le barème applicable en octobre 2026 et les vérifications à faire avant de payer.

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En bref

Pour un jeune conducteur, l'excès de vitesse obéit au même barème que pour tout autre : 68 € ou 135 € d'amende, de 1 à 4 points, délit à partir de 50 km/h. Mais il se calcule sur les vitesses réduites du permis probatoire et s'impute sur un capital de 6 points. Dès 3 points retirés (excès d'au moins 30 km/h), une lettre 48N impose un stage dans les 4 mois. Un excès de 50 km/h ou plus, la première année, vide le compteur : le permis est invalidé.

Quelles limitations de vitesse pour un jeune conducteur ?

Pendant la période probatoire, le Code de la route impose des vitesses maximales propres, inférieures à celles des autres conducteurs sur les routes et les autoroutes (articles R. 413-5 et R. 413-6). Ces plafonds s'appliquent même lorsque le panneau affiche une limite plus haute.

La période dure 3 ans après l'obtention du permis, 2 ans après une conduite accompagnée. Elle s'applique aussi au conducteur qui repasse son permis après une annulation ou une invalidation : à tout âge, on peut être soumis aux vitesses du permis probatoire.

Conséquence directe : l'excès se calcule par rapport à la vitesse autorisée pour vous, et non par rapport à celle du panneau. Rouler à l'allure du flot peut suffire à vous placer en infraction.

Quelles sanctions selon l'importance de l'excès ?

Le barème est celui de tout conducteur (article R. 413-14 du Code de la route). Ce qui change, c'est ce qu'il reste sur un capital de 6 points, celui de la première année.

Excès retenuAmende forfaitairePointsSolde sur 6 pointsEffet en période probatoire
Moins de 5 km/h68 € ou 135 €06Aucun retrait depuis le 1er janvier 2024
De 5 à moins de 20 km/h68 € (limite supérieure à 50 km/h) ou 135 €15Point rendu après 6 mois sans infraction
De 20 à moins de 30 km/h135 €24Pas de stage imposé
De 30 à moins de 40 km/h135 €33Lettre 48N, stage obligatoire
De 40 à moins de 50 km/h135 €42Lettre 48N, stage obligatoire, rétention possible
50 km/h et plusDélit : 3 mois, 3 750 €60Permis invalidé la première année

L'amende de 135 € est minorée à 90 € si elle est payée dans les 15 jours et majorée à 375 € au-delà de 45 jours ; celle de 68 € passe à 45 € ou à 180 €. Le barème s'applique à la vitesse retenue, c'est-à-dire après déduction de la marge technique de l'appareil. Le simulateur d'excès de vitesse calcule la tranche à partir de la vitesse mesurée.

Deux effets s'ajoutent au retrait lui-même. Le capital probatoire augmente de 2 points par an (3 après une conduite accompagnée) à condition de ne commettre aucune infraction entraînant un retrait de points : un excès de 5 km/h ou plus compromet donc aussi la majoration de l'année. Et seul le retrait d'un point unique se répare en 6 mois.

Trois points perdus ou plus : lettre 48N et stage obligatoire

Un excès d'au moins 30 km/h retire 3 points ou plus. Une fois le retrait enregistré, le ministère de l'Intérieur adresse une lettre recommandée 48N. Elle ouvre un délai de 4 mois, à compter de sa réception, pour suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

  • Contrepartie : l'amende de l'infraction est remboursée, sur demande présentée dans les 15 jours ouvrables qui suivent la fin du stage.
  • Sanction du défaut de stage : une amende pouvant atteindre 750 € et une suspension du permis jusqu'à 3 ans.
  • Point de départ : la lettre suit le retrait de points, qui n'intervient qu'au paiement de l'amende, au titre exécutoire de l'amende majorée ou après une condamnation définitive.

Le détail du courrier et des démarches figure sur la page consacrée à la lettre 48N et au stage imposé. Les conditions des stages sont décrites sur la page stage de récupération de points.

À partir de quand risquez-vous l'invalidation du permis ?

Le permis est invalidé lorsque le solde atteint zéro. La première année, deux scénarios y conduisent par la seule vitesse :

  • Un excès de 50 km/h ou plus la première année : 6 points retirés d'un coup. Depuis le 29 décembre 2025, c'est un délit dès la première fois, inscrit au casier judiciaire. Voir le grand excès de vitesse.
  • Deux excès moyens : 4 points pour un excès de 40 à moins de 50 km/h, puis 2 points pour un excès de 20 à moins de 30 km/h, et le compteur de la première année est vide.

L'invalidation est notifiée par une lettre 48SI. Le permis doit être restitué dans les 10 jours ; un nouveau permis ne peut être obtenu qu'après 6 mois. Le titre ayant moins de 3 ans, il faut repasser le code et la conduite.

Avant ce stade, un stage volontaire peut rapporter jusqu'à 4 points, dans la limite du plafond probatoire en cours, à raison d'un stage par an. Il doit être terminé avant la réception de la 48SI. La chronologie et les recours sont détaillés sur la page invalidation du permis probatoire.

Le permis peut-il être retenu ou suspendu pour un excès de vitesse ?

Oui. Trois mesures distinctes existent, indépendantes du retrait de points.

  • La rétention : pour un excès de 40 km/h ou plus constaté avec interception, les forces de l'ordre retiennent le permis sur-le-champ, pour 72 heures au plus.
  • La suspension administrative : le préfet peut suspendre le permis pour 6 mois au plus, à la suite de la rétention ou, sans interception, sur transmission du procès-verbal. Elle ne peut pas être aménagée.
  • La suspension judiciaire : à partir de 30 km/h d'excès, le tribunal de police peut suspendre le permis jusqu'à 3 ans. Le juge peut la limiter aux périodes hors activité professionnelle, sauf à 50 km/h et plus.

La suspension judiciaire n'est encourue que si l'affaire est jugée. Les durées et les recours sont exposés sur la page suspension de permis pour excès de vitesse.

Payer ou contester : quelle stratégie avec 6 points ?

Payer vaut reconnaissance de l'infraction, interdit toute contestation et déclenche le retrait de points. Quatre vérifications précèdent donc le paiement.

  1. Qui conduisait ? Si le véhicule a été flashé sans interception, l'avis arrive chez le titulaire de la carte grise, souvent un parent. Celui-ci ne doit que l'amende : seul le conducteur identifié perd des points. Désigner quelqu'un qui ne conduisait pas est un délit.
  2. Quelle vitesse limite a été retenue ? L'avis doit mentionner la limite applicable, la vitesse mesurée et la vitesse retenue.
  3. Quel appareil ? La marge est de 5 km/h au-dessous de 100 km/h et de 5 % au-delà pour un radar fixe, de 10 km/h et 10 % pour un radar embarqué en mouvement. Voir la marge d'erreur des radars.
  4. Quel solde ? Un paiement qui amène le compteur à zéro ou déclenche un stage obligatoire se décide en connaissance de cause.

La contestation se forme dans les 45 jours de l'avis, sans payer, en ligne ou par lettre recommandée. Pour un radar automatique, lorsque vous ne désignez personne, une consignation égale à l'amende est exigée : ce n'est pas un paiement, aucun point n'est retiré. En cas de condamnation, l'amende ne peut pas être inférieure au montant forfaitaire : contester n'a de sens qu'avec un argument. La méthode est décrite sur la page contester un excès de vitesse ; le formulaire contester un PV en ligne permet de transmettre votre avis au cabinet.

Que fait l'avocat pour un jeune conducteur poursuivi pour excès de vitesse ?

Le cabinet Car Avocat part du solde réel de points et du calendrier de la période probatoire. Il relit l'avis et le procès-verbal (limite retenue, appareil, vérification annuelle, lieu, sens de circulation), demande le cliché et choisit la voie adaptée : désignation, requête en exonération, audience devant le tribunal de police. Pour un excès de 50 km/h ou plus, il prépare la défense devant le tribunal correctionnel.

Maître Olivier Descamps intervient devant les juridictions de toute la France. L'étude du dossier dit si une contestation a un intérêt, sans promesse de résultat. Vous pouvez joindre le cabinet au 01 76 24 01 00 ou par la page contact, de préférence avant tout paiement.

Questions fréquentes

Un jeune conducteur perd-il plus de points qu'un autre pour le même excès de vitesse ?

Non. Le nombre de points retirés est le même pour tous. La différence tient au capital, limité à 6 points la première année, aux vitesses maximales réduites qui servent de base au calcul et au stage obligatoire dès 3 points perdus.

Flashé avec la voiture de mes parents : qui perd les points ?

L'avis est adressé au titulaire de la carte grise, qui n'est redevable que de l'amende. Seul le conducteur identifié perd des points. Vos parents peuvent vous désigner dans les 45 jours ; un nouvel avis vous est alors envoyé, que vous pouvez contester.

Un excès de moins de 5 km/h compte-t-il en période probatoire ?

L'amende reste due (68 € ou 135 €), mais aucun point n'est retiré depuis le 1er janvier 2024. Sans retrait de points, il n'y a ni lettre 48N ni stage imposé.

Peut-on suivre un stage volontaire pendant la période probatoire ?

Oui, si le permis est encore valide. Le stage rapporte jusqu'à 4 points, sans dépasser le plafond probatoire de l'année en cours, et un seul stage est possible par an.

La puissance du véhicule est-elle limitée pour les jeunes conducteurs ?

Non. La mesure votée en 2026 a été censurée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026. Seules subsistent les vitesses maximales réduites, le disque « A » et le taux d'alcool limité à 0,2 g/l de sang.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.

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