Refus de priorité : amende, points et suspension selon le cas

Priorité à droite, cédez-le-passage, piéton engagé : le refus de priorité coûte 135 € et 4 points, 6 points lorsqu'il vise un piéton. En cas d'accident, il peut conduire devant le tribunal correctionnel. Voici les sanctions cas par cas en octobre 2026 et les moyens de contester.

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En bref

Le refus de priorité est une contravention de 4e classe, l'une des contraventions routières les plus lourdes en points : 135 € d'amende forfaitaire (90 € minorée, 375 € majorée, 750 € au plus devant le tribunal) et 4 points pour la priorité à droite ou le cédez-le-passage. Le refus de priorité à un piéton retire 6 points. Le tribunal de police peut suspendre le permis jusqu'à 3 ans. Si un accident en résulte, le conducteur s'expose à des poursuites pour blessures ou homicide.

Qu'appelle-t-on un refus de priorité ?

Le refus de priorité consiste à ne pas laisser passer l'usager auquel le Code de la route donne le passage. Il recouvre des situations différentes, qui n'ont pas toutes le même coût :

  • La priorité à droite : à une intersection sans signalisation, le conducteur doit céder le passage au véhicule qui vient de sa droite.
  • Le cédez-le-passage : le panneau ou la ligne impose de laisser passer les usagers de l'autre voie, sans obligation d'arrêt (article R. 415-7 du Code de la route).
  • Le véhicule prioritaire : police, gendarmerie, pompiers, secours, lorsqu'ils font usage de leurs avertisseurs.
  • Le piéton : celui qui traverse, ou qui manifeste clairement son intention de le faire, et celui qui circule dans une zone piétonne ou une zone de rencontre (article R. 415-11).
  • Le passage à niveau : priorité du train, interdiction de s'engager si l'on ne peut pas dégager la voie.

Le stop et le feu rouge obéissent à des textes distincts, avec les mêmes sanctions ; ils sont traités sur la page feu rouge grillé et stop non respecté.

Quelles sanctions selon le cas ?

SituationAmende forfaitairePointsSuspension par le tribunal
Refus de priorité à droite, à une intersection135 €4Jusqu'à 3 ans
Cédez-le-passage non respecté135 €4Jusqu'à 3 ans
Refus de priorité à un piéton135 €6Jusqu'à 3 ans
Pour comparaison : stop ou feu rouge non respecté135 €4Jusqu'à 3 ans

Au passage à niveau, les manquements aux règles de priorité, d'engagement ou de franchissement des barrières retirent 4 points, et 6 points lorsque le conducteur ne dégage pas la voie à l'approche d'un train. Toutes ces infractions sont des contraventions de 4e classe : 90 € si l'amende est payée dans les 15 jours (30 jours en ligne), 375 € au-delà de 45 jours (60 jours en ligne), 750 € au plus devant le tribunal de police. Les montants des autres classes sont rappelés sur la page classes de contraventions. Le retrait de points n'intervient qu'au paiement, à l'émission du titre exécutoire de l'amende majorée ou après une condamnation définitive.

La suspension du permis ne peut être prononcée que si l'affaire est jugée par le tribunal de police, jamais lorsque l'amende forfaitaire est payée. Pour ces contraventions, le juge peut la limiter aux périodes hors activité professionnelle.

Refus de priorité à un piéton : pourquoi 6 points ?

C'est, avec l'alcool entre 0,5 et 0,8 g/l de sang, la contravention la plus lourde en points. Six points représentent la moitié d'un permis de 12 points et la totalité d'un permis probatoire de première année.

L'infraction est constituée dans trois cas :

  • Le piéton est engagé dans la traversée de la chaussée.
  • Le piéton manifeste clairement son intention de traverser : il n'a pas besoin d'avoir posé le pied sur la chaussée.
  • Le piéton circule dans une zone piétonne ou une zone de rencontre, où il a priorité sur les véhicules.

La deuxième hypothèse est la plus discutée. L'« intention manifeste » est une appréciation de l'agent : position du piéton, distance du véhicule, visibilité, vitesse d'approche. C'est sur la description de ces éléments au procès-verbal que porte la contestation.

Priorité à droite, cédez-le-passage : comment l'infraction est-elle établie ?

Presque toujours par un agent, à vue, suivi ou non d'une interception. Le procès-verbal fait foi jusqu'à preuve contraire, et cette preuve ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins : affirmer que l'autre véhicule était loin ne suffit pas. Sont utiles le témoignage écrit d'un passager, des photographies des lieux, un plan de l'intersection.

L'autre source de poursuites est l'accident. Le refus de priorité est alors déduit du constat amiable, des déclarations et des traces relevées par les enquêteurs.

Refus de priorité et accident : que risquez-vous ?

Sur le plan pénal

Si l'accident a fait un blessé, le conducteur peut être poursuivi pour blessures involontaires : 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende lorsque l'incapacité de la victime ne dépasse pas 3 mois, 3 ans et 45 000 € au-delà. En cas de décès, l'homicide involontaire est puni de 5 ans et 75 000 €.

Depuis le 11 juillet 2025, ces qualifications deviennent blessures routières ou homicide routier dès qu'une circonstance aggravante est présente : alcool, stupéfiants, téléphone tenu en main, excès de vitesse d'au moins 30 km/h, défaut de permis, fuite, ou violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité. Les peines passent alors à 3 ans et 45 000 € (incapacité de 3 mois au plus), 5 ans et 75 000 € (au-delà), 7 ans et 100 000 € en cas de décès. Un simple défaut d'attention à une intersection n'est pas, à lui seul, une violation délibérée : la qualification retenue se discute.

Sur le permis

Après un accident corporel ou mortel, lorsqu'une infraction aux règles de priorité est soupçonnée, les forces de l'ordre peuvent retenir le permis sur-le-champ. Le préfet peut ensuite le suspendre, pour 1 an au plus. Voir la rétention du permis.

Sur le plan civil

Le refus de priorité pèse aussi sur le partage des responsabilités et sur l'indemnisation. Voir la page accident responsable : la défense du conducteur.

Quatre ou six points : quel effet sur votre permis ?

  • Permis à 12 points : 4 points retirent un tiers du capital. Le capital se reconstitue après 3 ans sans nouvelle infraction entraînant un retrait.
  • Permis probatoire : tout retrait de 3 points ou plus déclenche une lettre 48N et un stage obligatoire dans les 4 mois. Avec 6 points retirés la première année, le solde tombe à zéro.
  • Solde déjà entamé : un paiement qui ramène le compteur à zéro entraîne l'invalidation du permis. Le stage doit être terminé avant la réception de la lettre 48SI.
  • Cumul avec le téléphone : un refus de priorité commis par un conducteur intercepté le téléphone en main permet la rétention immédiate du permis, puis une suspension par le préfet de 6 mois au plus.

Avant de payer, vérifiez votre solde. Le barème de retrait de points donne le coût de chaque infraction et le simulateur de solde de points projette votre capital après le retrait.

Comment contester un refus de priorité ?

  1. Ne payez pas : le paiement vaut reconnaissance, interdit toute contestation et déclenche le retrait de points.
  2. Contestez dans les 45 jours de l'avis, en ligne ou par lettre recommandée à l'officier du ministère public, avec l'avis et vos motifs. Aucune consignation n'est due lorsque vous avez été intercepté.
  3. Joignez vos preuves écrites : attestations, photographies, plan des lieux.
  4. Suivez la réponse : classement, renvoi devant le tribunal ou irrecevabilité pour un motif de forme. L'officier du ministère public ne peut pas rejeter la contestation au fond.

Devant le tribunal, l'amende ne peut pas être inférieure à 135 € et peut atteindre 750 € ; une suspension devient possible. Contester n'a donc de sens que si un argument existe : description insuffisante des faits au procès-verbal, signalisation absente ou illisible, erreur sur le lieu ou sur le véhicule, qualification inadaptée. La méthode générale est exposée sur la page contester une amende ; vous pouvez transmettre votre avis par le formulaire contester un PV en ligne.

Que fait l'avocat dans un dossier de refus de priorité ?

Pour une contravention isolée, le cabinet Car Avocat évalue d'abord l'intérêt d'agir au regard de votre solde de points. Il relit le procès-verbal, vérifie que les faits décrits correspondent au texte visé, rassemble les preuves recevables et rédige la requête. À l'audience, Maître Olivier Descamps plaide sur la preuve et sur la suspension.

Après un accident, le travail change de nature : assistance lors de l'audition, discussion de la qualification pénale et des circonstances aggravantes, défense devant le tribunal correctionnel, suivi de la suspension décidée par le préfet. Aucun résultat n'est promis. Le cabinet se joint au 01 76 24 01 00 ou par la page contact.

Questions fréquentes

Combien de points pour un refus de priorité à droite ?

4 points, avec une amende forfaitaire de 135 €. Le tribunal de police, s'il est saisi, peut aussi suspendre le permis jusqu'à 3 ans.

Le piéton doit-il déjà être sur la chaussée pour être prioritaire ?

Non. Il suffit qu'il manifeste clairement son intention de traverser. Dans une zone piétonne ou une zone de rencontre, il est prioritaire en permanence.

Un refus de priorité est-il inscrit au casier judiciaire ?

Non lorsqu'il est réglé par amende forfaitaire. Il en va autrement si l'accident qui en résulte donne lieu à une condamnation pour blessures ou homicide : il s'agit alors d'un délit, inscrit au casier.

Combien de temps faut-il pour récupérer les points perdus ?

Le capital se reconstitue après 3 ans sans nouvelle infraction entraînant un retrait, délai compté à partir du jour où l'infraction est devenue définitive. Un stage volontaire rapporte jusqu'à 4 points, dans la limite d'un stage par an.

Refus de priorité à vélo ou en trottinette : perd-on des points ?

L'amende est due, mais le retrait de points suppose la conduite d'un véhicule pour lequel un permis est exigé. Le cycliste ou l'utilisateur de trottinette ne perd donc pas de points sur son permis de conduire.

Qui a la priorité lorsque deux véhicules se croisent dans une montée étroite ?

Il ne s'agit pas d'une priorité d'intersection mais d'une règle de croisement : en principe, le véhicule qui descend facilite le passage de celui qui monte, sauf signalisation contraire. Un article de nos conseils juridiques détaille les cas particuliers.

Pour aller plus loin

Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.

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