Suspension de permis pour alcool : combien de temps sans conduire
Après une alcoolémie au volant, deux suspensions se succèdent : celle du préfet, obligatoire depuis le 11 juillet 2025 et limitée à 1 an, puis celle du juge, jusqu'à 5 ans. Durées par situation, imputation, éthylotest antidémarrage et visite médicale de restitution : le point à jour en octobre 2026.
Faire analyser ma suspensionAprès un taux délictuel (0,40 mg/l d'air expiré, soit 0,8 g/l de sang), le permis est retenu 72 heures, ou 120 heures en cas d'analyse de sang. Le préfet doit ensuite le suspendre : la mesure est obligatoire depuis le 11 juillet 2025 et peut durer 1 an. Le juge peut prononcer une suspension jusqu'à 5 ans, sans aménagement ; la durée déjà subie s'impute. Sous 0,40 mg/l, seule une suspension judiciaire de 3 ans au plus est encourue. La restitution passe par la commission médicale.
Combien de temps dure une suspension de permis pour alcool ?
Il n'y a pas une durée, mais deux décisions successives : celle du préfet, dans les jours qui suivent le contrôle, puis celle du juge. La loi fixe des plafonds, qui dépendent du taux et des circonstances. Cette page complète le dossier alcool au volant sur un seul point : le temps pendant lequel vous ne pourrez pas conduire.
| Situation | Suspension du préfet | Suspension du juge | Aménagement |
|---|---|---|---|
| Taux contraventionnel : de 0,25 à moins de 0,40 mg/l (0,10 mg/l en permis probatoire) | Pas de rétention sur ce seul taux | 3 ans au plus | Possible, sur décision du juge |
| Taux délictuel : 0,40 mg/l et plus | Obligatoire, 1 an au plus | 5 ans au plus | Aucun |
| Refus de se soumettre aux vérifications | Obligatoire, 1 an au plus | Encourue | Aucun |
| Récidive du délit | Obligatoire, 1 an au plus | Annulation de plein droit | Aucun |
| Accident avec blessé ou tué (blessures routières, homicide routier) | 1 an au plus | 10 ans au plus | Aucun |
| Professionnel chargé du transport de personnes | 2 ans au plus | Selon l'infraction | Aucun |
Ces chiffres sont des maximums. Le détail des peines figure sur les pages alcoolémie délictuelle et alcoolémie contraventionnelle.
La suspension préfectorale : obligatoire depuis le 11 juillet 2025
Tout commence par la rétention du permis : 72 heures au plus lorsque le taux est mesuré à l'éthylomètre, 120 heures lorsqu'une analyse de sang est nécessaire. Pendant ce délai, le dossier est transmis au préfet du département où le contrôle a eu lieu.
Avant la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, le préfet pouvait suspendre. Depuis le 11 juillet 2025, il doit le faire lorsque l'état alcoolique est établi par l'éthylomètre ou par l'analyse, et en cas de refus de se soumettre aux vérifications (article L. 224-2 du Code de la route). La seule question qui reste ouverte est celle de la durée.
- Plafond : 1 an, et 2 ans pour un professionnel chargé du transport de personnes. L'ancienne limite de 6 mois, encore citée sur de nombreux sites, ne vaut plus pour l'alcool.
- Durée fixée par l'arrêté : la loi ne prévoit aucun barème national. Chaque préfecture applique sa propre grille, selon le taux et les circonstances.
- Arrêté 3F ou 1F : l'arrêté 3F est pris pendant la rétention. Si rien ne vous est notifié dans le délai, le permis vous est rendu, mais le préfet peut encore suspendre plus tard par un arrêté 1F.
La lecture de l'arrêté, sa notification et ses effets sont détaillés sur la page suspension administrative du permis.
La suspension judiciaire : jusqu'à 5 ans pour le délit
Le juge pénal intervient ensuite. Pour le délit d'alcool au volant (article L. 234-1), la suspension encourue est passée de 3 ans à 5 ans le 11 juillet 2025 (article L. 234-2). Elle ne peut pas être limitée à la conduite hors activité professionnelle.
- Ordonnance pénale : procédure sans audience, dans laquelle une suspension peut être prononcée.
- Composition pénale : la remise du permis ne peut pas dépasser 6 mois pour un délit, 3 mois pour une contravention.
- Tribunal correctionnel : le juge peut prononcer la suspension jusqu'à 5 ans, ou une annulation du permis avec interdiction d'en solliciter un nouveau pendant 5 ans au plus.
- Récidive : l'annulation est de plein droit. Le juge la constate, il ne la choisit pas. Voir la page récidive d'alcool au volant.
Pour la contravention (taux inférieur à 0,40 mg/l), le tribunal de police peut suspendre le permis jusqu'à 3 ans, et accepter que cette suspension ne s'applique pas à la conduite professionnelle (article R. 234-1). Les règles communes à toutes les infractions sont exposées sur la page suspension judiciaire du permis.
Les deux suspensions s'additionnent-elles ?
Non. La suspension judiciaire se substitue à la suspension administrative, et la durée déjà effectuée s'impute sur celle que le juge prononce.
| Décision du préfet | Décision du juge | Ce qu'il reste à effectuer |
|---|---|---|
| 6 mois, entièrement effectués | 8 mois de suspension | 2 mois |
| 6 mois, entièrement effectués | 4 mois de suspension | Rien : la durée est déjà couverte |
| 6 mois en cours | Relaxe ou classement sans suite | Rien : la suspension est non avenue |
Deux conséquences pratiques. La suspension administrative cesse de produire effet dès que la décision judiciaire devient exécutoire. Et lorsque la procédure se termine par une relaxe, un classement sans suite ou un non-lieu, la suspension préfectorale est réputée non avenue. Les mois passés sans conduire ne sont pas rendus pour autant.
Peut-on conduire avec un éthylotest antidémarrage à la place ?
C'est la seule alternative à l'interdiction totale de conduire, et elle n'existe qu'en matière d'alcool. Elle prend deux formes.
- EAD préfectoral : au lieu de suspendre, le préfet peut limiter votre droit de conduire aux véhicules équipés d'un éthylotest antidémarrage, pendant 1 an au plus.
- EAD judiciaire : le juge peut interdire la conduite de tout véhicule non équipé pendant 5 ans au plus pour le délit, 3 ans pour la contravention ou dans une composition pénale.
Sous EAD, le taux maximal autorisé est de 0,2 g/l de sang. Conduire un véhicule non équipé malgré l'interdiction judiciaire est un délit : 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende et 6 points. L'EAD n'est pas un droit : il se demande. Conditions et démarches : éthylotest antidémarrage.
Comment récupérer le permis à la fin de la suspension ?
La date de fin inscrite sur l'arrêté ou le jugement ne suffit pas. Après une suspension de plus d'1 mois, le permis n'est restitué qu'au vu d'un avis médical favorable.
- Contrôle médical : pour une infraction liée à l'alcool, il a lieu devant la commission médicale départementale, en préfecture, et non chez un médecin agréé de ville. Coût : 50 €, non remboursés. Des examens biologiques complémentaires peuvent être demandés, à vos frais.
- Examen psychotechnique : obligatoire lorsque la suspension atteint 6 mois. Il dure 40 minutes au moins et coûte environ 100 €.
- Avis : apte, apte pour une durée limitée (de 6 mois à 5 ans), apte avec restrictions ou inapte. L'avis est valable 2 ans.
- Demande de titre : elle se fait en ligne sur le site de France Titres (ANTS), pas au guichet de la préfecture.
Prenez rendez-vous avant la fin de la mesure. Reprendre le volant trop tôt est un délit de conduite malgré suspension : 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende, 6 points. Le déroulement est décrit sur les pages visite médicale du permis et commission médicale.
Peut-on contester ou réduire la suspension ?
Contre l'arrêté du préfet, le recours contentieux se forme devant le tribunal administratif dans les 2 mois de la notification. Il n'est pas suspensif : pour reconduire avant le jugement, il faut un référé-suspension, qui suppose l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Les moyens habituels : signataire incompétent, motivation absente, durée supérieure au maximum légal, mesure du taux irrégulière.
Devant le juge pénal, la marge d'erreur de l'éthylomètre peut ramener un taux mesuré de 0,43 mg/l à 0,3956 mg/l : l'infraction redevient une contravention, pour laquelle la rétention n'est pas prévue. Ces moyens sont exposés sur la page vice de procédure en matière d'alcool. À défaut de nullité, la durée se plaide : situation professionnelle, absence d'antécédent.
Ce que fait l'avocat dans un dossier de suspension pour alcool
- Dès la rétention : il adresse au préfet des observations, les pièces utiles (emploi, trajets) et, si le dossier s'y prête, une demande d'EAD à la place de la suspension.
- À réception de l'arrêté : il contrôle le signataire, la motivation, la durée et la notification, et apprécie l'intérêt d'un recours ou d'un référé.
- Sur le dossier pénal : il vérifie la mesure du taux et le procès-verbal, et décide avec vous de former ou non opposition à une ordonnance pénale.
- À l'audience : il soulève les nullités avant toute défense au fond, plaide la durée et l'imputation de la suspension déjà subie.
Le cabinet Car Avocat intervient devant les préfectures et les juridictions de toute la France. Vous pouvez transmettre votre arrêté et votre convocation au cabinet ou appeler le 01 76 24 01 00, du lundi au samedi, de 9 h à 20 h.
Questions fréquentes
La suspension de permis pour alcool fait-elle perdre des points ?
Non, ce sont deux mécanismes distincts. La suspension vous interdit de conduire pendant une durée. Le retrait de 6 points intervient séparément, lorsque l'infraction est définitivement établie : paiement de l'amende forfaitaire, composition pénale exécutée ou condamnation définitive.
Première alcoolémie : la suspension est-elle automatique ?
Si le taux atteint 0,40 mg/l d'air expiré, oui pour la suspension préfectorale : le préfet est tenu de suspendre depuis le 11 juillet 2025, même pour une première infraction. Il fixe la durée dans la limite d'1 an. La suspension judiciaire, elle, reste une décision du juge.
Puis-je conduire pour aller travailler pendant la suspension ?
Non pendant une suspension préfectorale, qui ne peut jamais être aménagée. Non plus après un délit, pour lequel la loi exclut tout aménagement. Seule la suspension prononcée par le juge pour un taux contraventionnel peut être limitée à la conduite hors activité professionnelle. L'éthylotest antidémarrage est l'autre voie.
Je suis chauffeur de bus ou de car : la durée est-elle différente ?
Oui. Pour un professionnel chargé du transport de personnes, la loi du 9 juillet 2025 a doublé les plafonds de la suspension préfectorale : jusqu'à 2 ans en cas d'alcool, au lieu d'1 an.
Que devient la suspension préfectorale si je suis relaxé ?
Elle est réputée non avenue, comme en cas de classement sans suite ou de non-lieu. Vous retrouvez le droit de conduire, sous réserve des formalités de restitution du titre. Le temps déjà passé sans permis n'est pas compensé.
Pour aller plus loin
- Alcool au volant : seuils, sanctions et défense
- Suspension administrative : lire et contester l'arrêté du préfet
- Suspension judiciaire : la décision du juge pénal
- Éthylotest antidémarrage : conduire malgré la mesure
- Commission médicale : préparer le contrôle après une alcoolémie
- Récupérer son permis après une suspension : les démarches
- Contacter le cabinet Car Avocat
- Contester l'arrêté de suspension du préfet
Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.





