Permis de conduire senior : âge, contrôle médical et recours
En France, on ne perd pas son permis parce qu'on vieillit. Aucune limite d'âge, aucune visite médicale imposée à 70 ou 75 ans. Le préfet peut toutefois ordonner un contrôle médical lorsqu'un doute sérieux lui est signalé, et la directive européenne de 2025 ouvre aux États de nouvelles possibilités.
Exposer ma situationAu mois d'octobre 2026, le permis B n'a pas de limite d'âge en France et aucune visite médicale n'est imposée en raison de l'âge. Un conducteur âgé ne passe devant un médecin agréé que s'il est atteint d'une affection figurant sur la liste réglementaire, ou si le préfet, informé d'un doute sur son aptitude par un proche ou par les forces de l'ordre, l'ordonne. L'avis d'inaptitude se conteste devant la commission médicale d'appel puis devant le juge administratif. La directive européenne de 2025 n'impose aucune visite aux seniors.
Y a-t-il un âge limite pour conduire en France ?
Non. Le permis de conduire des véhicules légers est délivré sans limitation d'âge, et le droit français ne prévoit ni visite médicale périodique ni examen de conduite à partir d'un certain âge. Le contrôle médical du permis de conduire ne repose pas sur la date de naissance, mais sur l'état de santé ou sur l'usage professionnel du permis.
Deux échéances sont souvent confondues avec une limite d'âge :
- La validité du titre : le permis au format carte est valable 15 ans pour les catégories A et B. Son renouvellement est une formalité administrative (photo, adresse), sans examen médical ni épreuve.
- Le permis rose cartonné : il reste valable jusqu'au 19 janvier 2033. Il n'est pas « périmé », et son remplacement peut être demandé dès maintenant en ligne. Les démarches sont décrites dans la page sur les démarches de permis auprès de l'ANTS.
Dans quels cas un conducteur âgé doit-il passer un contrôle médical ?
Trois situations y conduisent, quel que soit l'âge.
Une affection figurant sur la liste réglementaire
L'arrêté du 28 mars 2022 fixe la liste des affections incompatibles avec la conduite, ou compatibles avec ou sans aménagement. Le conducteur qui en est atteint doit de lui-même se soumettre au contrôle médical. Ce point est développé dans la page maladies et permis de conduire.
Un contrôle ordonné par le préfet
Le préfet peut imposer un contrôle médical lorsqu'il est informé d'éléments faisant douter de l'aptitude d'un conducteur (article R. 221-14 du Code de la route). L'information peut venir des forces de l'ordre, après un accident ou un contrôle, ou d'un proche.
Un permis utilisé à titre professionnel ou du groupe lourd
Les catégories du groupe lourd et les permis utilisés pour le taxi, le VTC, l'ambulance, le ramassage scolaire ou le transport public de personnes sont soumis à un contrôle médical périodique, dont le rythme se resserre avec l'âge.
| Âge du conducteur | Permis utilisé à titre professionnel | Groupe lourd |
|---|---|---|
| Avant 60 ans | Tous les 5 ans | Tous les 5 ans |
| De 60 à 76 ans | Tous les 2 ans | Tous les ans |
| Après 76 ans | Tous les ans | Tous les ans |
Rien de tel pour le permis B utilisé à titre privé.
Peut-on signaler un proche âgé qui ne devrait plus conduire ?
Oui. Un membre de la famille peut écrire au préfet du département où réside le conducteur pour lui faire part de faits précis : désorientation au volant, accrochages répétés, diagnostic connu, épisodes de confusion. Le préfet apprécie s'il y a lieu de convoquer l'intéressé à un contrôle médical. Il ne retire pas le permis sur la seule foi d'un courrier.
- Le signalement n'est pas une sanction : il déclenche, au plus, un examen par un médecin agréé, qui peut conclure à l'aptitude.
- Le médecin traitant ne signale pas : tenu au secret médical, il informe son patient des risques et de ses obligations ; il ne prévient pas la préfecture.
- Le conducteur garde ses droits : il peut produire ses propres éléments médicaux et contester la décision prise à l'issue du contrôle.
Comment se déroule le contrôle médical ?
Le contrôle est réalisé par un médecin de ville agréé par le préfet, qui ne peut pas être le médecin traitant. Il coûte 36 €, non remboursés ; il est gratuit pour une personne handicapée dont le taux d'invalidité reconnu est d'au moins 50 %. Le conducteur se présente avec le formulaire d'avis médical cerfa n° 14880, un questionnaire de santé, une pièce d'identité et son permis. La commission médicale de la préfecture intervient, elle, pour les infractions liées à l'alcool ou aux stupéfiants.
| Avis du médecin | Conséquence |
|---|---|
| Apte | Le permis est maintenu sans restriction |
| Apte temporaire | Permis à validité limitée, de 6 mois à 5 ans, puis nouveau contrôle |
| Apte avec restrictions | Mentions portées sur le permis sous forme de codes (aménagements, conditions de conduite) |
| Inapte | Le préfet peut mettre fin au droit de conduire |
L'avis médical est valable 2 ans. Le préfet prend ensuite sa décision ; il n'est pas lié par l'avis. Ne pas se rendre à la convocation n'est pas une solution : le préfet peut alors prendre une mesure sur le permis sans attendre.
Quelles affections liées à l'âge posent question ?
L'avis du médecin agréé repose sur les symptômes constatés, non sur le diagnostic. Une réponse ministérielle du 21 novembre 2023 le rappelle : un malade sans symptôme clinique n'est pas concerné par l'arrêté.
- Troubles cognitifs, maladie d'Alzheimer et maladies apparentées : la maladie n'est pas en elle-même incompatible ; ce sont les troubles cognitifs qui le deviennent. Pour les véhicules légers, l'incompatibilité est retenue dès le début du stade 3 de l'échelle de Reisberg.
- Maladie de Parkinson : pas d'incompatibilité de principe ; l'appréciation se fait selon les symptômes.
- Vision, pathologies cardiaques, somnolence : elles sont visées par l'arrêté. Les seuils et conditions figurent dans son annexe, que le médecin agréé applique au cas par cas.
- Traitements : certains médicaments altèrent la vigilance. Voyez la page médicaments et conduite.
Conduire avec une affection listée sans s'être soumis au contrôle expose à un risque précis : en cas d'accident lié à la pathologie, le conducteur n'est pas couvert par son assurance pour ses propres dommages, les victimes restant indemnisées.
Inaptitude ou permis restreint : quels recours ?
- La commission médicale d'appel : elle réexamine l'aptitude. C'est le premier recours contre l'avis du médecin agréé.
- Un nouveau contrôle médical : il peut être demandé dans les 6 mois, notamment lorsque l'état de santé a évolué ou qu'un traitement a été stabilisé.
- Le juge administratif : la décision du préfet (restriction, suspension ou fin de validité du permis) peut lui être déférée.
- Le référé-suspension : en cas d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la décision, il permet d'en demander la suspension provisoire. Ses conditions sont exposées dans la page référé-suspension du permis.
Un recours se prépare avec des pièces médicales récentes, non avec de simples affirmations. Tant que la décision n'est pas suspendue ou annulée, il ne faut pas reprendre le volant.
Directive européenne de 2025 : qu'est-ce qui va changer pour les seniors ?
La directive (UE) 2025/2205 du 22 octobre 2025, dite quatrième directive permis, a été présentée à tort comme instaurant une visite médicale obligatoire pour les conducteurs âgés. Voici ce qu'elle prévoit réellement :
- Validité du titre : 15 ans au plus pour les motos et les voitures, que les États peuvent ramener à 10 ans lorsque le permis sert de justificatif d'identité.
- Après 65 ans : les États ont la faculté, et non l'obligation, de réduire la durée de validité et de prévoir des visites médicales ou des formulaires d'auto-évaluation.
- Autres mesures : permis numérique européen, période probatoire d'au moins 2 ans, conduite accompagnée dès 17 ans.
- Calendrier : les États disposent de 3 ans pour transposer la directive, puis d'1 an pour la mettre en œuvre.
Rien ne change en France tant qu'une loi de transposition n'est pas adoptée, et aucune visite médicale obligatoire des seniors n'est décidée à ce jour. Nous suivons ce texte dans la page consacrée aux réformes du Code de la route 2025-2026.
Que fait l'avocat pour un conducteur âgé ou sa famille ?
- Analyse de la convocation et de la décision préfectorale : fondement, compétence du signataire, motivation, délais de recours.
- Préparation du contrôle médical : pièces à réunir, déroulé, portée de chaque avis possible.
- Recours : saisine de la commission médicale d'appel, requête devant le tribunal administratif, référé-suspension lorsque les conditions sont réunies.
- Conseil aux proches : rédaction d'un signalement factuel, ou au contraire défense du conducteur signalé à tort.
- Suites d'un accident : défense du conducteur dont l'état de santé est mis en cause.
Le cabinet Car Avocat intervient devant les juridictions de toute la France. Aucun résultat ne peut être promis : l'issue dépend d'abord du dossier médical. Pour exposer votre situation, appelez le 01 76 24 01 00, du lundi au samedi de 9 h à 20 h, ou écrivez-nous depuis la page contact.
Questions fréquentes
À quel âge faut-il repasser une visite médicale pour le permis ?
À aucun âge pour le permis B utilisé à titre privé : la France n'impose pas de visite médicale liée à l'âge. Seuls les permis du groupe lourd et les permis utilisés à titre professionnel sont soumis à un contrôle périodique, plus fréquent à partir de 60 ans.
Le médecin traitant peut-il faire retirer le permis d'un patient âgé ?
Non. Il est tenu au secret médical : il informe son patient et l'invite à consulter un médecin agréé, mais il ne signale pas sa situation au préfet. La décision sur le permis appartient au préfet, après avis d'un médecin agréé.
Un diagnostic de maladie d'Alzheimer interdit-il de conduire ?
Pas à lui seul. L'incompatibilité tient aux troubles cognitifs : pour les véhicules légers, elle est retenue dès le début du stade 3 de l'échelle de Reisberg. C'est le médecin agréé qui l'apprécie.
L'Europe va-t-elle imposer une visite médicale à 70 ans ?
Non. La directive du 22 octobre 2025 laisse aux États la faculté de réduire la validité du permis après 65 ans et de prévoir des visites médicales ou des auto-évaluations. Elle ne l'impose pas, et la France n'a rien décidé en ce sens à ce jour.
Pour aller plus loin
- Visite médicale du permis : déroulé, coût, avis
- Commission médicale : convocation et recours
- Maladies et permis de conduire : affections à déclarer
- Médicaments et conduite : les risques
- Référé-suspension : contester en urgence une décision sur le permis
- Réformes 2025-2026 : ce qui a changé
- Contacter le cabinet Car Avocat
Cette page présente des informations générales à jour au mois d'octobre 2026 et ne remplace pas une consultation. Rédigé par le cabinet Car Avocat, 191-195, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine.





